Ouverture 1812
Narrateur : Christophe Tabard
Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pÚres retombent sur les enfants.
Depuis presque cinquante ans, le microscopique village de Barcoussy s'Ă©tiole, ses forces vives s'Ă©puisant annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Tel un gastĂ©ropode dĂ©shydratĂ© au fond de sa coquille, il se replie, s'enterre, se racrapote, s'engloutit en lui-mĂȘme dans la totale indiffĂ©rence de l'Univers connu.
A rebours du reste de la région, plutÎt dynamique à tous points de vue, la vie économique y est moribonde, la fécondité en berne et la vie culturelle réduite à la portion congrue. On y meurt plus tÎt qu'ailleurs, souvent plus douloureusement et presque toujours seul.
Les jeunes s'enfuient au loin dÚs que la moindre opportunité s'offre à eux. Ils ne sont pas difficiles, pas exigeants et le job le plus merdique, le boulot le plus humble leur apparait comme un billet de premiÚre classe pour le Paradis.
S'il n'était soumis au secret professionnel, le pharmacien pourrait vous révéler que la consommation d'antidépresseurs, d'antidouleurs, d'éther et d'opiacés sous toutes leurs formes y est trÚs largement supérieure à la moyenne nationale et ce, sans compter les drogues légales que sont pinard, jaja, pastaga, binouze, gnÎle et autres tord-boyaux faits maison. Quoiqu'abondamment peuplé de peine-à -jouir, Barcoussy s'envoie en l'air à coups d'expédients, d'ersatz et au vu des quantités de carburant, le bled n'est pas prÚs d'atterrir.
Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pÚres retombent sur les enfants.
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Ouverture 1812
Ouverture 1812
Narrateur : Christophe Tabard
Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pÚres retombent sur les enfants.
Depuis presque cinquante ans, le microscopique village de Barcoussy s'Ă©tiole, ses forces vives s'Ă©puisant annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Tel un gastĂ©ropode dĂ©shydratĂ© au fond de sa coquille, il se replie, s'enterre, se racrapote, s'engloutit en lui-mĂȘme dans la totale indiffĂ©rence de l'Univers connu.
A rebours du reste de la région, plutÎt dynamique à tous points de vue, la vie économique y est moribonde, la fécondité en berne et la vie culturelle réduite à la portion congrue. On y meurt plus tÎt qu'ailleurs, souvent plus douloureusement et presque toujours seul.
Les jeunes s'enfuient au loin dÚs que la moindre opportunité s'offre à eux. Ils ne sont pas difficiles, pas exigeants et le job le plus merdique, le boulot le plus humble leur apparait comme un billet de premiÚre classe pour le Paradis.
S'il n'était soumis au secret professionnel, le pharmacien pourrait vous révéler que la consommation d'antidépresseurs, d'antidouleurs, d'éther et d'opiacés sous toutes leurs formes y est trÚs largement supérieure à la moyenne nationale et ce, sans compter les drogues légales que sont pinard, jaja, pastaga, binouze, gnÎle et autres tord-boyaux faits maison. Quoiqu'abondamment peuplé de peine-à -jouir, Barcoussy s'envoie en l'air à coups d'expédients, d'ersatz et au vu des quantités de carburant, le bled n'est pas prÚs d'atterrir.
Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pÚres retombent sur les enfants.
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Narrateur : Christophe Tabard
Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pÚres retombent sur les enfants.
Depuis presque cinquante ans, le microscopique village de Barcoussy s'Ă©tiole, ses forces vives s'Ă©puisant annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Tel un gastĂ©ropode dĂ©shydratĂ© au fond de sa coquille, il se replie, s'enterre, se racrapote, s'engloutit en lui-mĂȘme dans la totale indiffĂ©rence de l'Univers connu.
A rebours du reste de la région, plutÎt dynamique à tous points de vue, la vie économique y est moribonde, la fécondité en berne et la vie culturelle réduite à la portion congrue. On y meurt plus tÎt qu'ailleurs, souvent plus douloureusement et presque toujours seul.
Les jeunes s'enfuient au loin dÚs que la moindre opportunité s'offre à eux. Ils ne sont pas difficiles, pas exigeants et le job le plus merdique, le boulot le plus humble leur apparait comme un billet de premiÚre classe pour le Paradis.
S'il n'était soumis au secret professionnel, le pharmacien pourrait vous révéler que la consommation d'antidépresseurs, d'antidouleurs, d'éther et d'opiacés sous toutes leurs formes y est trÚs largement supérieure à la moyenne nationale et ce, sans compter les drogues légales que sont pinard, jaja, pastaga, binouze, gnÎle et autres tord-boyaux faits maison. Quoiqu'abondamment peuplé de peine-à -jouir, Barcoussy s'envoie en l'air à coups d'expédients, d'ersatz et au vu des quantités de carburant, le bled n'est pas prÚs d'atterrir.
Il en faudrait si peu à ce village pour sortir du marasme : une oreille musicienne par exemple. Mais les péchés des pÚres retombent sur les enfants.












